Qu’est-ce que le martelage ?

Martelage sur une arbre

Le martelage est au cœur du savoir-faire du forestier. C’est un acte emblématique et déterminant de la gestion forestière. Il permet de modeler progressivement la composition et la structure d’un peuplement.

Le martelage, une opération courante de gestion forestière

Le martelage, ou marquage, consiste en la désignation de tiges qui seront récoltées au profit d’autres tiges, dites d’avenir. Ces dernières sont destinées à poursuivre leur croissance et le développement de leur houppier.

Le regard du gestionnaire se portera en priorité sur les arbres de qualité, pour déterminer comment travailler à leur profit. L’essentiel de son travail est donc l’observation du peuplement et de la structure de l’écosystème. L’acte du martelage est une conséquence de cette réflexion. Elle permet d’atteindre progressivement un niveau de qualité et d’équilibre. En gestion à couvert continu, le gestionnaire adapte le taux de prélèvement afin d’atteindre la structure souhaitée. Le prélèvement est en général modéré et concerne entre 1 arbre sur 10 et 1 arbre sur 5.

Une synthèse d’éléments techniques déterminants est nécessaire pour la qualité de sa mise en œuvre. Ces éléments sont : le volume de départ des arbres de qualité, la surface terrière, la répartition par classes de diamètre, la proportion des différentes essences… Le choix des arbres à prélever réclame ensuite au marteleur une excellente compétence d’observation et d’interprétation.

Quels éléments sont pris en compte par le forestier ?

L’acte du martelage est donc la conséquence d’une stratégie de gestion sur le long terme d‘un peuplement forestier. Certaines données techniques sont définies préalablement par le gestionnaire. D’autres paramètres sont analysés par l’observation au moment de la désignation. Ils justifient les choix effectués. En voici quelques incontournables :

1/ Identifier les arbres de qualité

C’est l’essence même du travail d’amélioration. La valeur économique du peuplement reposera sur ces arbres de qualité, dits « producteurs ». L’enlèvement d’un concurrent direct de l’arbre de qualité peut justifier un prélèvement, s’il permet de libérer l’accès aux ressources à l’arbre objectif : lumière (conformation du houppier), réserve utile au sol (eau, minéraux) … La récolte d’un arbre de grande qualité ayant atteint ou dépassé son diamètre objectif minimal, peut se justifier par un risque de dépréciation d’ici le prochain passage en martelage. Ce choix est également conditionné par la présence de jeunes arbres de qualité, en phase de qualification avancée et prêts à profiter des niches de nourritures libérées.

2/ Doser l’éclairement relatif et le renouvellement

Le peuplement peut être plus ou moins fermé. L’éclairement relatif au sol est un facteur déterminant dans la dynamique de régénération naturelle des différentes essences. Ainsi, le taux de prélèvement peut être ajusté en fonction du mélange d’essences souhaité en régénération naturelle localement, de la qualité et de la réactivité de la régénération. Maintenir un micro-climat forestier (température, humidité), notamment en période estivale, garantit le bon fonctionnement de l’écosystème dans son ensemble. Le gestionnaire peut donc choisir de conserver un arbre pour son rôle de protecteur ou d’éducateur de tiges d’avenir. Inversement, il peut choisir de le retirer pour favoriser une tige dominée à fort potentiel ou encore l’acquisition ou le développement de régénération naturelle de jeunes héliophiles.

3/ La diversité des essences et des semenciers au sein d’un peuplement

Plus que jamais dans le contexte climatique actuel, le gestionnaire aura en tête l’équilibre et la diversité entre les essences au sein du peuplement. Ainsi, le gestionnaire privilégiera un arbre d’une essence peu représentée ou rare. S’il est en plus de qualité ou de dimensions remarquables, cet arbre pourra être choisi comme arbre d’avenir ou arbre à enjeu environnemental. Il sera dans tous les cas un semencier précieux pour acquérir équilibre et diversité dans la régénération.

Martelage
Après avoir retiré un morceau de l’écorce, le marteau forestier de l’ONF permet d’apposer le sceau de l’Etat (Administration Forestière). En forêt privée, les gestionnaires peuvent utiliser également un marteau forestier ou marquer la coupe à la peinture. Crédit photo : David de YPARRAGUIRRE

Les différents symboles de désignation du martelage

En parallèle du martelage des arbres qui feront l’objet de coupes, les gestionnaires désignent parfois l’origine de leur choix. Un meilleur suivi dans le temps et une meilleure visibilité, sont ainsi favorisés. Des symboles distincts permettent la désignation d’options, de tiges d’avenir, d’arbre à enjeux environnementaux, de travaux sylvicoles sur gaulis et perchis, de délimitation de cloisonnement…

Martelage
La marque à hauteur d’homme et la marque au pied de l’arbre pour le recollement après coupe. Objectif : s’assurer que l’exploitant a bien suivi le martelage. ©ONF/David de YPARRAGUIRRE
Martelage sur un arbre
La marque à hauteur d’homme et la marque au pied de l’arbre pour le recollement après coupe. Objectif : s’assurer que l’exploitant a bien suivi le martelage. ©ONF/David de YPARRAGUIRRE
Martelage
Le triangle renversé signifie que l'arbre est porteur de dendro micro-habitats. C'est-à-dire qu'il accueille des espèces spécialisées. Sa valeur écologique vaut son maintien au sein de l’écosystème forestier. ©Stéphane MARTIN

La place du martelage et de la désignation dans les itinéraires Sylv’ACCTES

Dans la majorité de ses itinéraires sylvicoles, Sylv’ACCTES accompagne différentes phases de prise en main de la gestion et de maîtrise d’œuvre. Il y  a ainsi : le diagnostic préalable, la préparation au martelage, le martelage qualitatif (avec désignation d’options et de tiges d’avenir), le marquage des arbres à enjeux environnementaux, la matérialisation de cloisonnements d’exploitation et la désignation de travaux sur gaulis/perchis.

La préparation et la désignation concrétisent une réflexion de l’opérateur qui souhaite utiliser au mieux les dynamiques spontanées de l’écosystème. Elles permettent ainsi de poser des actions qualitatives, ciblées et réfléchies en forêt et correspondent parfaitement à l’ADN de Sylv’ACCTES. Ces phases de maîtrise d’œuvre sont actuellement principalement utilisées en forêt privée. Elles servent bien souvent de déclic pour les propriétaires et gestionnaires forestiers dans la construction d’un itinéraire de sylviculture douce sur le long terme.

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